18 avril 2026
Il y a, certains matins dâavril en Andalousie, une lumiĂšre qui hĂ©site encore entre le printemps et lâĂ©tĂ©. Mais cette annĂ©e, lâhĂ©sitation nâa pas durĂ©. TrĂšs vite, presque brutalement, la saison a basculĂ©. La presse espagnole lâannonçait sans dĂ©tour en annonçant « una dorsal subtropical dispara las temperaturas en España y provoca un episodio de calor muy intenso » et, sur le terrain, chacun a pu en mesurer la rĂ©alitĂ©, sans mĂȘme avoir besoin de consulter les prĂ©visions. Ă MĂĄlaga, plus encore quâailleurs, cette impression dâĂ©tĂ© anticipĂ© sâest imposĂ©e avec une Ă©vidence presque dĂ©routante. Les plages se sont remplies comme en plein mois de juin, les terrasses ont retrouvĂ© leur agitation familiĂšre, et les thermomĂštres, eux, ont commencĂ© Ă raconter une autre histoire. DĂ©jĂ plus de 28 degrĂ©s certains aprĂšs-midis, puis des projections qui dĂ©passent les seuils habituels dâun mois dâavril avec 30 degrĂ©s annoncĂ©s, parfois davantage,âŠ
17 avril 2026
MĂĄlaga retient son souffle. Ă quelques journĂ©es de la fin de saison footbalistique en Espagne, MĂĄlaga sâinvite dans une lutte aussi inattendue quâexcitante pour retrouver la Liga. Une situation qui semblait encore irrĂ©aliste il y a peu mais qui prend aujourdâhui une toute autre dimension.
LâAndalousie respire autrement. Elle laisse glisser le vent entre les pierres anciennes, traĂźne le parfum du jasmin dans les ruelles, et laisse les ombres se courber sous le soleil couchant. Les crĂ©atures qui sây cachent nâont pas de noms simples. Elles flottent au bord de la vue, glissent dans les frĂ©missements des arbres et dans le reflet de lâeau. Parfois, on croit quâelles ont disparu. Mais elles attendent, patientes, dans ce pli invisible qui sĂ©pare ce que lâon connaĂźt de ce que lâon devine.
Chaque annĂ©e, lorsque les tempĂ©ratures deviennent plus douces et que les soirĂ©es sâĂ©tirent, MĂĄlaga se prĂ©pare Ă vivre lâune de ses nuits les plus vibrantes. âLa Noche en Blancoâ revient pour transformer la ville en un immense espace de crĂ©ation et de partage, oĂč la culture sort des murs pour aller Ă la rencontre de tous et Ă©merveiller petits et grands. LâĂ©dition 2026 se tiendra le samedi 16 mai, Ă la veille de la journĂ©e de rĂ©flexion prĂ©cĂ©dant les Ă©lections municipales, un moment particulier oĂč la ville choisit de faire place Ă la culture, Ă la rencontre et Ă la crĂ©ativitĂ©.
15 avril 2026
Au cĆur des collines andalouses, entre lumiĂšre dorĂ©e et parfums de pins, une adresse mythique renaĂźt avec Ă©lĂ©gance La Zambra Resort. Anciennement connu sous le nom de Byblos Hotel, ce lieu iconique rĂ©invente aujourdâhui son art de vivre en cĂ©lĂ©brant plus que jamais lâessence du Sud, une alchimie subtile entre tradition, excellence et modernitĂ©.
15 avril 2026
Tradition, lumiĂšre et renouveau au cĆur de lâAndalousie sont les points forts de cette belle Ă©dition attendue comme le messie. Chaque printemps, la capitale andalouse subit une rĂ©elle transformation et devient un vĂ©ritable théùtre Ă ciel ouvert oĂč Ă©lĂ©gance, musique et convivialitĂ© se rencontrent. La Feria dâAvril de SĂ©ville incarne Ă elle seule lâĂąme andalouse. LâĂ©dition 2026 sâannonce particuliĂšrement vibrante, entre respect des traditions et nouvelles expĂ©riences pensĂ©es pour un public toujours plus nombreux. Cette fĂȘte emblĂ©matique de lâart de vivre andalou est nĂ©e au XIXe siĂšcle comme foire agricole et sâest peu Ă peu mĂ©tamorphosĂ©e en un Ă©vĂ©nement festif majeur. Pendant une semaine, le quartier du Real de la Feria devient une ville Ă©phĂ©mĂšre faite de milliers de lumiĂšres, de ruelles de sable et de casetas dĂ©corĂ©es avec soin. On y danse les sevillanas jusque tard dans la nuit ou tĂŽt le matin, on sây retrouve entre amis ou en famille,âŠ
14 avril 2026
Cette belle province de Grenade nâa jamais eu besoin de dĂ©corateurs, cher lecteur. Elle est Ă elle seule le dĂ©cor. Ă elle seule, elle raconte dĂ©jĂ une histoire, ou plutĂŽt des centaines, entre les ombres de ses palais, la sĂ©cheresse de ses plateaux et la lumiĂšre crue qui dĂ©coupe les reliefs de la province. Câest prĂ©cisĂ©ment cette richesse, presque indĂ©cente pour un cinĂ©aste, qui se trouve aujourdâhui mise en lumiĂšre avec la parution du livre « Granada es de cine », un ouvrage qui rappelle combien cette terre andalouse a nourri lâimaginaire du grand Ă©cran.
08 avril 2026
Il y a des Ćuvres qui semblent appartenir autant Ă un territoire quâĂ lâhistoire universelle, et Guernica de lâartiste Pablo Ruiz Picasso en est sans doute lâexemple le plus frappant. Depuis quelques semaines, lâEspagne voit ressurgir un dĂ©bat aussi sensible que symbolique, portĂ© par le Musee Guggenheim de Bilbao qui souhaiterait accueillir temporairement la toile. LâidĂ©e, en apparence culturelle, touche en rĂ©alitĂ© Ă des lignes profondes oĂč se mĂȘlent mĂ©moire, identitĂ© et politique, ce qui explique lâĂ©cho immĂ©diat quâelle rencontre bien au-delĂ des frontiĂšres du pays.
Dans un monde oĂč la gastronomie se vit autant comme un plaisir que comme un vecteur de transmission, certaines initiatives prennent une dimension bien plus profonde. Chefs For Children en fait partie. Bien plus quâun Ă©vĂ©nement culinaire, câest une rencontre entre des chefs dâexception et des enfants qui, le temps dâune journĂ©e, dĂ©couvrent que bien manger peut aussi rimer avec joie, partage et inclusion.
Au restaurant Cascada de Marbella, le duo a dĂ©jĂ conquis les palais les plus exigeants. Mais avec leur projet Aru by Lagarde, les frĂšres Jacques Lagarde et Mathieu Lagarde franchissent une nouvelle Ă©tape, plus intime, plus libre, presque confidentielle. Celle dâune cuisine qui ne se contente plus dâĂȘtre dĂ©gustĂ©e mais qui vient directement Ă vous.
06 avril 2026
LâAndalousie sâapprĂȘte Ă vivre un de ces basculements mĂ©tĂ©orologiques dont elle a le secret car la douceur presque estivale va cĂ©der brusquement la place Ă une atmosphĂšre plus instable et chargĂ©e. En ce dĂ©but de semaine, aprĂšs 8 jours magnifiques pendant la Semaine Sainte et que la lumiĂšre baignait encore les façades blanches, une nouvelle pĂ©riode froide dâintempĂ©rie venue de lâAtlantique vient rebattre les cartes et redessiner le paysage climatique du sud de lâEspagne. Peu Ă peu, le ciel change de texture, les nuages sâĂ©paississent et le vent sâinvite dans les ruelles comme sur les cĂŽtes. Les premiĂšres pluies ne tardent pas Ă suivre, parfois soutenues, parfois orageuses, apportant avec elles cette Ă©nergie brute qui transforme les horizons andalous. Dans lâouest de la rĂ©gion, les prĂ©cipitations pourraient se montrer plus marquĂ©es, dessinant des scĂšnes mouvantes entre Ă©claircies fugitives et averses intenses.
Dans la capitale de la Costa del Sol, le Jeudi Saint ne ressemble Ă aucun autre jour de lâannĂ©e. DĂšs les premiĂšres heures du matin, la ville vibre dâune attente particuliĂšre, presque palpable. Sur le port, entre le Muelle 2 et le cĂ©lĂšbre Palmeral de las Sorpresas, habitants et visiteurs se rassemblent, se massent, bien avant lâheure, les regards tournĂ©s vers le bleu de la mer. La Semaine Sainte atteint lâun de ses sommets aujourdâhui avec lâarrivĂ©e de la LĂ©gion espagnole. Câest Ă 10h00 prĂ©cisĂ©ment que le navire militaire apparaĂźt lentement Ă lâhorizon. Lâinstant est solennel, presque suspendu. Ensuite, tout sâaccĂ©lĂšre avec les lĂ©gionnaires qui dĂ©barquent, impeccables. La musique militaire rĂ©sonne alors contre les façades du port. TrĂšs vite, la procession se met en marche, quittant les quais pour sâengouffrer dans le cĆur historique de la ville. Le cortĂšge traverse dâabord la Place de la Marine pour ensuite remonter les rues animĂ©esâŠ
31 mars 2026
Il est des histoires que lâHistoire officielle prĂ©fĂšre taire. Des rĂ©cits qui flottent Ă la frontiĂšre du rĂ©el et du possible, comme ces ombres qui glissent au crĂ©puscule des processions andalouses. Il y a notamment cette Semana Santa de 1940 Ă SĂ©ville, la premiĂšre aprĂšs la guerre civile, celle oĂč, derriĂšre lâencens et les tambours, tout aurait pu changer, celle dâun destin avorté⊠Esprit Sud lĂšve le voile sur lâune des anecdotes mĂ©connues sur la Semaine Sainte et cette page de lâhistoire oĂč tout aurait pu basculer en pleine Ăšre franquiste. Embarquant dans la machine Ă remonter le temps et prennons la direction de lâEspagne, qui est alors figĂ©e sous la chape du franquisme naissant. Le rĂ©gime impose son rĂ©cit, sa liturgie et son ordre. La Semaine Sainte devient alors une vĂ©ritable vitrine, celle dâun national-catholicisme triomphant, oĂč la foi sert autant Ă prier quâĂ lĂ©gitimer le pouvoir. Franco, dĂ©sormais Caudillo, sâinscrit pleinementâŠ
31 mars 2026
Ă lâĂ©cart des grandes exploitations agricoles et de leurs excĂšs, Laura et RaphaĂ«l ont fait un choix radicalement diffĂ©rent. A lâabri des regards, le jeune couple dĂ©veloppe une approche encore peu connue en Andalousie, lâaquaponie. DerriĂšre ce mot un peu technique se cache pourtant une idĂ©e trĂšs simple et pleine de bon sens. Faire vivre ensemble des poissons et des cultures potagĂšres dans un mĂȘme Ă©quilibre naturel.
31 mars 2026
Dans la citĂ© millĂ©naire de Antequera, la Semaine Sainte ne se contente pas dâexister dans le calendrier, elle sâinscrit dans les regards, dans les silences, dans cette maniĂšre si particuliĂšre quâa la ville de ralentir lorsque le printemps sâinstalle. Ici, au cĆur de lâAndalousie, les pierres anciennes et les façades blanchies semblent porter en elles la mĂ©moire de siĂšcles de ferveur, comme si chaque rue connaissait dĂ©jĂ le passage des processions avant mĂȘme quâelles ne commencent.
Sous la lumiÚre encore douce du printemps andalou, les rues se font murmure, encens et recueillement. La Semaine Sainte déploie alors son théùtre sacré, entre ferveur populaire et esthétique millimétrée. Au-delà des pasos richement ornés et des pénitents « capirotés », un autre visage, plus discret, traverse les processions avec une grùce silencieuse, celui des « señoras en mantilla ».
Sur la Costa del Sol, il y a des moments oĂč tout semble sâaccorder sans que lâon y prĂȘte vraiment attention. Les lumiĂšres changent, les journĂ©es sâĂ©tirent, les rues se remplissent, et puis soudain, sans prĂ©venir ou presque, le temps lui-mĂȘme dĂ©cide dâavancer dâun pas.
25 mars 2026
Ă quelques jours de la Semaine Sainte, MĂĄlaga sâapprĂȘte Ă vivre lâun de ses moments les plus emblĂ©matiques, mĂȘlant ferveur religieuse et hĂ©ritage historique. Parmi les rituels qui marquent cette pĂ©riode, celui de la libĂ©ration dâun prisonnier demeure sans doute le plus singulier. Cette annĂ©e, la tradition se poursuit avec la dĂ©signation officielle du dĂ©tenu graciĂ©. Le Consejo de Ministros vient de valider ce mardi 25 mars « lâindulto » accordĂ© Ă JosĂ© RodrĂguez, condamnĂ© en 2024 pour des faits de blessures et de menaces. La dĂ©cision a Ă©tĂ© rendue publique par dĂ©cret, confirmant une pratique solidement ancrĂ©e dans la vie malaguĂšne.
Il existe une recette pour pouvoir passer du trĂšs sĂ©rieux Ă la franche rigolade, elle est trĂšs simple, câest simplement participer Ă nos rencontres mensuelles Esprit Livre. Ce jeudi 19 mars en fut un nouvel exemple. Ce fut de nouveau une belle rencontre littĂ©raire dynamisĂ©e par un « je ne sais quoi »⊠Les fervents et enthousiastes membres du groupe Esprit Livre se sont retrouvĂ©s, avec un plaisir plus que certain, dans les salons de Miraflores Golf, oĂč nous attendait le plat du jour, Ă savoir le roman dâAdĂ©laĂŻde de Clermont-Tonnerre, « Je voulais vivre ! », puis une « planche » sur le sexisme. DĂšs 11h30, nous abordions les sujets divers, mais nĂ©anmoins indispensables au bon fonctionnement du groupe, puis nous enchaĂźnions rapidement sur le roman du jour. Pour les nostalgiques dâAlexandre Dumas et de ses mousquetaires, ce livre propose une réécriture du personnage central de cette histoire-fiction quâest Milady de Winter, figure cĂ©lĂšbre du roman, et ceâŠ
Ă MĂĄlaga, la Semana Santa ne commence jamais vraiment le dimanche des Rameaux. Elle sâannonce bien avant, presque en secret, dans un frĂ©missement progressif de la ville. Elle se glisse dans les conversations, sâinstalle dans les regards, sâinvite dans les rues. Parmi ces signes avant-coureurs, les cĂ©lĂšbres « traslados » occupent une place singuliĂšre, comme un prĂ©lude discret mais profondĂ©ment vivant.
Certaines formes d'expression voyagent sans effort à travers les siÚcles, les frontiÚres et les langues, la poésie en fait partie. Chaque année, le 21 mars, le monde célÚbre la Journée Mondiale de la Poésie. L'initiative a été lancée en 1999 par l'UNESCO à Paris, une ville qui a toujours compris que le langage, à son expression la plus pure, devient art. La littérature française a longtemps considéré la poésie comme la plus haute forme de l'écriture, des troubadours médiévaux à Victor Hugo, de Charles Baudelaire à Arthur Rimbaud.
Ah, la Semaine Sainte andalouse ! Chaque annĂ©e, elle transforme les rues en un théùtre oĂč la ferveur religieuse flirte avec la poĂ©sie du spectacle vivant. Mais si vous pensiez que toutes les processions se ressemblent, dĂ©trompez-vous, cher lecteur. LâAndalousie dispose de ses clans, de ses subtilitĂ©s et de ses secrets bien gardĂ©s. Et rien ne les cristallise mieux que la confrontation, presque amicale, entre SĂ©ville et MĂĄlaga.
Au cĆur du Soho malaguĂšne, Madame Suzanne ouvre ses portes Ă tous les amateurs de saveurs mĂ©tissĂ©es. Ce petit coin lumineux et cosmopolite est le théùtre dâune rencontre singuliĂšre entre la tradition culinaire andalouse et le raffinement de la cuisine française avec pour rĂ©sultat, une expĂ©rience savoureuse qui se prolonge par une offre de coquetels crĂ©atifs Ă faire tourner les tĂȘtes. Esprit Sud Magazine est allĂ© tester cet excellente adresse et vous en dit plusâŠ
18 mars 2026
Il y a, dans la lumiĂšre de mars Ă MĂĄlaga, quelque chose dâĂ©ternel. Une promesse douce, presque insolente, de processions riches en Ă©motions et parfumĂ©es dâencens, de terrasses pleines et de nuits vibrantes au rythme andalou. Pourtant, cette annĂ©e, un silence inattendu sâinvite dans la partition, celui du trafic ferroviaire interrompu. Au cĆur de notre sud flamboyant, une fracture invisible traverse la saison. La ligne Ă grande vitesse reliant Madrid Ă MĂĄlaga, artĂšre essentielle du tourisme national, sâest arrĂȘtĂ©e net, victime des caprices de lâhiver et dâun accident tragique. Avec elle, câest tout un Ă©cosystĂšme qui vacille, comme suspendu entre deux saisons, entre attente et incertitude.

