Il est des expositions qui ne se contentent pas d’occuper un espace, mais qui le transforment. À Málaga, dans le cadre majestueux de l’Université, la nouvelle proposition artistique du Sévillan Raphaël Chacón s’inscrit précisément dans cette dimension rare où l’art semble dialoguer avec quelque chose de plus vaste que lui-même. Dès les premiers instants, l’univers sculptural de l’artiste impose une présence. Elle est d’abord silencieuse, mais dense, presque charnelle, et invite à ralentir le pas. Ses œuvres semblent naître d’un endroit où la matière ne serait plus seulement matière, mais mémoire, tension, respiration. Il y a dans son travail une manière très singulière de convoquer l’humain dans ce qu’il a de plus vulnérable, tout en l’inscrivant dans une dimension qui frôle le sacré. Ce nouvel ensemble présenté à Málaga poursuit cette exploration avec une intensité remarquable.
Le visiteur est invité à circuler dans un espace où les frontières s’effacent doucement. Le corps et l’esprit s’y répondent, parfois s’y affrontent, toujours s’y reconnaissent. L’artiste semble travailler la matière comme on interroge le silence, avec patience, avec précision, et surtout avec une forme d’écoute intérieure qui traverse chacune de ses pièces.
Nos équipes avaient déjà rencontré Raphaël Chacón à plusieurs reprises dans le cadre de précédents projets que nous avions eu le plaisir de relayer dans Esprit Sud Magazine. À chaque fois revenait la même impression, celle d’un artiste habité par une énergie difficile à contenir, mais toujours maîtrisée dans le geste créatif. Une énergie qui ne cherche pas à impressionner, mais à révéler.
Lors de cette inauguration à l’Université de Málaga, l’artiste a une nouvelle fois partagé ce lien particulier qu’il entretient avec son œuvre. Les échanges avec la presse ont dévoilé une pensée profondément ancrée dans la dualité entre le visible et l’invisible, entre ce que l’on montre et ce que l’on ressent sans toujours pouvoir le nommer.
Les références à la mythologie sont de nouveau omniprésentes dans les œuvres de ce virtuose de la céramique. La nature est également une source d’inspiration majeure, comme le révèlent ses figures sorties des océans, les cétacés, entre autres. La couleur éclate dans un écrin qui plonge les œuvres dans l’obscurité.
Ce moment a également été l’occasion de découvrir son nouvel ouvrage, « Delicious Gardinum », prolongement naturel de cette exposition. Un objet presque intime, dans lequel les œuvres prolongent leur existence au-delà de la matière, comme une trace laissée dans le regard de celui qui les observe.
L’artiste s’est prêté à l’exercice de la dédicace avec simplicité, comme pour prolonger encore un peu le dialogue engagé avec le public francophone d’Esprit Sud Magazine.
Pour celles et ceux qui traverseront prochainement Málaga, cette exposition s’impose comme une étape essentielle. Ce n’est pas simplement une visite culturelle, mais une véritable expérience sensible, une immersion dans un univers où la sculpture devient langage et où le silence prend parfois plus de poids que les mots.
À découvrir jusqu’au 20 juin 2026, Sala de Exposiciones del Rectorado, Universidad de Málaga. Du lundi au vendredi de 10h00 à 14h00 et de 17h00 à 21h00, et le samedi de 10h00 à 14h00.




