Les coûts de l’énergie qui flambent, l’Espagne réagit !

Rédigé le 28/09/2022
Frederic André


Vous êtes nombreux à vous inquiéter quant à l’avenir de vos factures énergétiques. On annonce en effet des augmentations historiques et les mois qui arrivent risquent d’être des périodes difficiles pour bien des ménages. Face aux montées fulgurantes des prix du carburant, des coûts de l’électricité et du gaz, L'Espagne n’est pas restée de marbre et a déjà mis en place une série de mesures, notamment de réduire sa consommation de gaz de minimum 7%, un engagement au sein de la Communauté Européenne, que le pays s’engage à remplir.

Il est vrai que les températures, cet été, ont atteint des niveaux record. Il a fait torride dans la péninsule et à cela, il faut ajouter un manque incontestable d’eau ce qui réduit aussi la production d’énergie hydroélectrique. Une demande en électricité qui a explosé en début d’été mais qui fut rapidement suivie d’une série de réactions de la part du gouvernement.

Limiter la pollution et réduire la consommation en énergie, voici les deux chevaux de bataille du pays. Une protection du budget des ménages est aussi au programme des autorités politiques. Pedro Sanchez s’engage le mois prochain à réduire la TVA sur le prix de gaz à 5% alors qu’elle était fixée à 21%. En contrepartie, le gouvernement impose un comportement responsable de ses citoyens. Parmi les mesures drastiques, une véritable chasse au gaspillage a été entamée. Climatisation inutile, chauffage abusif des commerces, éclairage inutile des vitrines, il conviendra de respecter les différentes règles établies par les politiques si l’on ne désire pas se voir lourdement sanctionner.

Le premier août déjà, des premières mesures avaient été mises en place. Lieux culturels, commerces devaient veiller à maintenir une température entre 19 (au plus fort de l’hiver) et un minimum de 27 degrés au plus fort de l’été). Teresa Ribera, artisane de la transition écologique au sein du « gouvernement Sanchez » rappelle que les espaces commerciaux et culturels, les entrepôts et les infrastructures liées aux transports (gares, stations de métro,…) font l’objet de nombreux contrôles afin que l’on progresse ensemble vers un comportement responsable et un engagement actif.

Elle insiste sur le fait qu’il est inutile de continuer à allumer les lumières des vitrines de magasins lorsque ceux-ci sont fermés, pourquoi également continuer à éclairer les bâtiments publics ? Le télétravail figure aussi de solution pour réduire les coûts énergétiques dans les bureaux notamment. Les fonctionnaires qui travaillent chez eux réduisent leur emprunte carbone en ne se déplaçant pas vers le bureau et au sein de celui-ci, la climatisation n’a pas de raison de fonctionner en leur absence. On peut s’attendre à des campagnes de promotion du télétravail dans les prochaines semaines avec la venue de l’hiver. Des bureaux vides sont des bureaux qu’il ne faut pas chauffer, l’équation est simple.

Il y a quelques jours, Pedro Sanchez a également invité à tomber la cravate ! Il fait torride et le port de la cravate est insupportable avec un thermomètre qui explose. Dénouez vos cravates et réduisons la facture d’énergie par la même occasion ! Sur un trait d’humour, le Président a insisté sur le fait qu’il ne portait plus de cravate et a encouragé ses ministres à faire de même… « vous avez chaud ? plutôt que d’enclencher la climatisation, faites valser votre cravate ! ».

Enfin, une mesure particulière a estomaqué les autres pays de la Communauté Européenne. Depuis le 1er septembre, L’Espagne a pris la décision de proposer à sa population la gratuité des trajets en train (aussi bien de banlieues que ceux régionaux) pour une période de quatre mois (septembre, octobre, novembre et décembre). Une mesure qui devrait probablement être ensuite renouvelée. La Renfe (le réseau national des chemins de fer espagnols) permet par cette mesure que les gens privilégient le train à la voiture face aux flambées des prix de l’énergie. Selon les premières observations, plus de 100.000 personnes dans la région de Madrid ont déjà bénéficié de ces avantages les dernières semaines. Sanchez espère, au bout de cette période de 4 mois, atteindre le chiffre de 75 millions de trajets gratuits. Ceci aurait bien entendu un impact significatif sur l’emprunte carbone des Espagnols.

Cet ensemble de mesures figure de véritable exemple pour nos voisins européens. Une prise en charge urgente doit être initiée afin de contrer l’impact de ce conflit sur l’équilibre économique de notre zone européenne.