Un triste anniversaire, un an après l’incendie de la Sierra Bermeja

Rédigé le 13/09/2022
Frederic André


Nous n’oublierons pas cette triste semaine de septembre 2021, qui a vu la belle Sierra partir en fumée. Un long combat contre les flammes qui au-delà du désastre écologique a coûté la vie à un pompier d’Almeria. 

Une année s’est écoulée depuis cette période d’angoisse qui a fait place ensuite à la désolation. 

Des milliers d’hectares de forêts ont été détruits et de nombreux habitants évacués. Les pertes environnementales sont incalculables, les dommages économiques sont importants pour les nombreux sinistrés. 

Un enfer sur terre, sur nos terres andalouses, c’est certain que cette semaine a laissé derrière elle un paysage sinistré. 

Douze mois plus tard, l’heure est de tirer le bilan et les experts se pressent pour estimer l’impact de cet incendie. Aujourd’hui, c’est un silence pesant qui règne sur cette zone. La beauté d’une nature détruite s’en est allé et n’est plus qu’un ancien souvenir. 

Le vert refait malgré tout au sein de cette désolation obscure. Les pins brûlés ont été coupés, les bûcherons s’attellent à remettre sur pied un site qui a perdu sa splendeur. 

Mais il ne faut pas se leurrer, dans la zone, le noir domine et pour longtemps encore. 

Les experts estiment que le paysage pourrait prendre entre 20 et 30 ans pour récupérer une image similaire à celle qu’il avait avant ce terrible incendie. Trois décennies, une éternité pour un retour à cette nature luxuriante. 

José Gómez Zotano, scientifique à l’Université de Grenade, s’est exprimé récemment à l’encontre des mesures prises de coupes qu’il qualifie d’« agressive » des bois calcinés. 

En effet, selon le professeur, il convient d’éviter qu’il faut d’ouvrir trop de routes dans la zone car cela altère les sols. La préservation de ceux-ci est un des facteurs les plus importants pour un retour à la normale. Au-delà de cet aspect, le bois brûlé peut également jouer un rôle important dans sa propre régénération. L’évacuation de tout ce qui a été brûlé n’est selon lui pas une bonne chose, au contraire.

Maintenant d’autres voix s’élèvent et rappellent que la géologie de cette Sierra est très diversifiée. Une analyse de chaque zone devrait être réalisée pour adapter la réponse la plus adaptée pour une récupération optimale de cette nature sacrifiée. 

Un des points sur lequel tout le monde est unanime est qu’avant ce terrible épisode, cette belle montagne était laissée pour compte. Abandonné et sans gestion par les autorités, cet écrin de nature n’avait que peu de chance face à cet incendie dévastateur. 

Aucune précaution n’était prise contre les incendies dans cette zone même si on y retrouvait de superbe bosquets de pin résineux. Cette zone est plus en retrait de la Costa del Sol, objet de moindres attentions et de faible priorité. L’argent file plus facilement vers les plages et la cote que vers l’intérieur des terres pour des travaux d’abattage et d’aménagements. 

Du côté des propriétaires qui ont tout perdu en septembre 2021, même son de cloche, mêmes constats affligeants. Les aides ne sont pas prévenues, le travail préventif pour éviter des catastrophes de cette ampleur n’a pas été réalisé et on peut craindre le pire en cas de nouvel incendie.

La Députation de Malaga, face aux critiques, argumente que 9 millions d’euros ont été alloués à la région pour lutter contre les effets de l’incendie dont la moitié pour l’amélioration des routes menant à Casares, Faraján, Genalguacil, Júzcar, Estepona ou Jubrique. Le reste devrait être notamment consacré à la mise en place de différents points d’eau. 

Des mesures mais peu coordonnées, des fonds libérés mais insuffisants, une nature qui reprend ses droits mais un long chemin avant un retour à la normale, le bilan après 364 jours est plus que mitigé…