« Lire, c’est boire et manger… et l’esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas », écrivait Victor Hugo il y a deux siècles. Ce jeudi 28 mai 2026, les participants d’Esprit Livre semblaient avoir faim et soif lorsqu’ils arrivèrent, à l’heure précise, dans notre habituelle salle de réunion de Miraflores Golf. Ils ressentaient aussi une soif de s’évader pendant quelques heures, une faim de se retrouver pour vivre mille vies en une seule, pour oxygéner l’esprit, pour s’enrichir sans rien prendre à quiconque.
Avec le beau soleil andalou enfin revenu pour s’installer, je l’espère, de longs mois encore, et avec un groupe bien étoffé, notre 43e session d’Esprit Livre pouvait débuter sous le signe du plaisir d’échanger autour des thèmes prévus au programme de ce jeudi.
« La Vie qui reste », premier roman de Roberta Recchio et livre du jour, n’a pas mis longtemps à enflammer le débat et à animer les échanges. Si les premières pages du roman font craindre une histoire « à l’eau de rose », dès le second chapitre, le registre change radicalement, tout comme le style. Ce qui commence comme un conte de fées est brusquement perturbé par un horrible viol et un meurtre. L’écriture devient alors plus précise et l’histoire prend une toute autre dimension. Les thèmes de la violence et de la mort sont abordés avec retenue, ce qui confère à ce roman une certaine profondeur. L’histoire est sombre, enveloppée dans le silence des non-dits familiaux de l’Italie des années 1980. Roberta Recchio dévoile ainsi tout son talent de conteuse. Quinze lecteurs présents, quinze avis et réflexions souvent très différents, parfois divergents, ce qui fait tout l’intérêt de notre cercle Esprit Livre, le tout dans une ambiance cordiale et sans jugement des opinions de chacun. Une note moyenne de 6,10/10 fut attribuée en conclusion de cette première partie, avant que la parole ne soit donnée à notre amie Gigi, volontaire du jour, pour nous lire sa planche sur le thème du pardon. Un travail individuel de qualité, un instant particulier où seuls quelques bruits extérieurs viendront troubler le silence d’une écoute attentive.
Puis vint l’heure de choisir, d’élire le roman du mois prochain. « Le Gardien de Téhéran » de Stéphanie Perez, choisi à l’unanimité, sera donc à l’honneur le jeudi 18 juin. Il raconte l’histoire d’un homme seul face aux menaces des fanatiques religieux, qui réussit à sauver 300 chefs-d’œuvre d’art moderne entreposés dans le tout nouveau musée de Téhéran après la chute du Shah d’Iran et l’arrivée des mollahs, il y a plus de quarante ans. Inspiré d’un fait réel, ce premier roman de Stéphanie Perez nous offre un véritable choc des cultures, mais aussi une magnifique réflexion sur la passion de l’art. D’ailleurs, « le pouvoir de l’art » sera tout naturellement le thème de la prochaine planche, lors de notre prochaine session du 18 juin.
Pour clôturer cette matinée studieuse, et avant de nous déplacer vers la salle à manger, il est décidé de mettre en place un vote via WhatsApp afin de choisir les livres à venir pour la période de juillet à septembre 2026. Quatorze heures précises, nous nous installons confortablement autour de la grande table soigneusement dressée par notre ami Ludovic. Les conversations reprennent, liées ou non à nos récents échanges, avec comme un besoin de faire perdurer cette belle journée. La lecture est certes une activité solitaire, mais la magie d’un cercle de lecture comme Esprit Livre est de transformer cette solitude en une expérience sociale enrichissante. Se retrouver autour d’un roman permet d’approfondir sa compréhension de l’ouvrage, d’aiguiser son esprit critique et, surtout, de stimuler le goût de la lecture en partageant des émotions dans un cadre convivial.
Alors, ami(e)s lectrices et lecteurs d’Esprit Sud, n’hésitez pas à franchir le pas et venez nous rejoindre !


