40ᵉ ESPRIT LIVRE ou comment passer du sérieux à la franche rigolade

Rédigé le 23/03/2026
Daniel Moineau


Il existe une recette pour pouvoir passer du très sérieux à la franche rigolade, elle est très simple, c’est simplement participer à nos rencontres mensuelles Esprit Livre. Ce jeudi 19 mars en fut un nouvel exemple. Ce fut de nouveau une belle rencontre littéraire dynamisée par un « je ne sais quoi »… Les fervents et enthousiastes membres du groupe Esprit Livre se sont retrouvés, avec un plaisir plus que certain, dans les salons de Miraflores Golf, où nous attendait le plat du jour, à savoir le roman d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre, « Je voulais vivre ! », puis une « planche » sur le sexisme. Dès 11h30, nous abordions les sujets divers, mais néanmoins indispensables au bon fonctionnement du groupe, puis nous enchaînions rapidement sur le roman du jour. Pour les nostalgiques d’Alexandre Dumas et de ses mousquetaires, ce livre propose une réécriture du personnage central de cette histoire-fiction qu’est Milady de Winter, figure célèbre du roman, et ce sous la forme d’une étonnante réhabilitation de ce personnage historique intrigant, femme souvent caricaturée dans l’œuvre originale, mais c’est aussi l’occasion d’une réflexion sur la condition féminine de cette époque.

Comme toujours, ou presque, les échanges ont été riches en remarques pertinentes et très personnelles, tout particulièrement s’agissant de la condition féminine de cette période, mais aussi de nos jours, bref, sur le sexisme ! Il n’est pas inutile de dire que ce thème « bouillant », aiguillonné par le premier intervenant du groupe, notre ami Pedro, a enflammé les débats, passant du très sérieux à la franche rigolade ! Je dois reconnaître que, pour la première fois, il me fut difficile de calmer les ardeurs des uns et des autres, mais comme l’humour l’emporta sur le sérieux, je tombai moi-même dans une sorte de partie de plaisir irracontable. Ce fut un moment exceptionnel, entre plaisanteries spontanées et improvisées et la fiction d’Alexandre Dumas, car blaguer intelligemment est un très bon moyen de désamorcer une situation, un échange sérieux peut être exagéré jusqu’à la caricature pour en souligner l’absurdité ou bien la (dure) réalité. L’art de notre groupe, ce jour-là, a été de transformer la gravité en un moment joyeux de partage. « Je voulais vivre » est aussi un véritable univers d’aventures, de complots et d’intensité charnelle pour un Prix Renaudot mérité ! La note moyenne attribuée fut de 7/10. J’en profite pour remercier tous les membres absents d’Esprit Livre qui ont pu participer à notre rencontre à distance en me transmettant leurs comptes rendus via Gmail.

Arrivait l’heure de la « planche » (que j’ai eu le plaisir de présenter) sur le sexisme. Les femmes doivent-elles toujours se battre plus que les hommes est la question que nous nous sommes posée. Sujet ô combien important et toujours d’actualité sur la condition féminine dans le monde. À nouveau, les échanges et remarques qui s’ensuivirent furent captivants, avec, en sus, la tonalité humoristique du jour. Il nous restait un court instant pour le choix de notre prochain roman et sa date. À la grande majorité, « L’Italien » d’Arturo Pérez-Reverte fut élu pour la rencontre fixée au jeudi 23 avril prochain.

Le talentueux écrivain et excellent conteur qu’est notre Reverte national espagnol, auteur contemporain au rayonnement international, nous plonge dans les années 1941-1942, en pleine guerre mondiale, non loin d’ici, à Gibraltar. Il retrace un fait de guerre particulier, méconnu de presque tous, mais aussi, et avant tout, une histoire d’amour magique entre une libraire espagnole d’Algésiras et un soldat italien héros. Un roman passionnant nous attend donc pour une future rencontre Esprit Livre qui s’annonce captivante.

Nos montres indiquaient quatorze heures, l’heure de regagner notre salle à manger où, une fois de plus, Ludovic et toute son équipe nous avaient concocté un repas « d’excellence ».

Est-il besoin d’écrire que les conversations, entre fourchettes et couteaux, sont montées en gamme, tant sur les sujets du jour que sur les bons restaurants du coin ? Ces échanges perdurèrent sur la terrasse ensoleillée, car aucun d’entre nous n’était pressé d’abandonner ce moment de pur bonheur. Je conclurai ce compte rendu par deux moments « touchants » que j’ai vécus à l’heure de nous séparer. Tout d’abord Marie, fidèle membre, m’interpelle les yeux en larmes pour me dire que chaque Esprit Livre était pour elle « comme un médicament, un pur moment de bonheur lui permettant d’oublier son quotidien moins heureux ». Puis notre vieil ami Didier, dont les mots résonnent encore dans ma tête. « C’est formidable de participer à Esprit Livre, où chacun s’implique et prend à cœur de rédiger et d’argumenter en toute sincérité. J’ai l’impression qu’à chaque nouvelle réunion, le niveau de réflexion gagne en qualité, tant sur la forme que sur le fond, un travail préparatoire plein de bienveillance et le souci de partager ses impressions avec des gens que l’on aime retrouver chaque mois ».