Quand l’eau revient… Chronique d’une renaissance andalouse !

Rédigé le 08/02/2026
Frederic André

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Après des années de sécheresse prolongée et de vaines attentes, l’Andalousie sourit… enfin. Certes le ciel est gris, le temps pluvieux et l’hiver a pris un tout autre visage avec des tempêtes successives qui ont balayé le sud de l’Espagne (Leonardo la semaine dernière et Marta ce week-end), mais les conséquences de cette saison maussade sont d’offrir à notre terre une bénédiction tant espérée. L’eau est revenue en abondance. Elle remplit nos rivières, charrie le chant des torrents et, surtout, regonfle à vue d’œil les réserves de nos barrages.

Alors que tout le territoire est sous surveillance, avec des évacuations préventives et des alertes locales, c’est un spectacle presque magique pour qui se souvient des paysages desséchés d’il y a seulement quelques saisons. Et pour la communauté francophone d’Andalousie, installée ici sous ce soleil parfois rebelle, c’est l’eau vive qui redevient source de vie, d’espérance et de convivialité. Mais au-delà du symbole, comment se portent nos barrages ? Voici un tour d’horizon des grands réservoirs de la province de Málaga avec des chiffres concrets, qui racontent, eux aussi, une histoire. Esprit Sud Magazine fait le point.

Situé entre Marbella et Istán, le Barrage de La Concepción, aussi appelé « Pantano del Río Verde », joue un rôle clé pour l’eau de la Costa del Sol occidentale. Après une décennie difficile, il affiche aujourd’hui près de 80 % de sa capacité (79,7% de remplissage) un signe fort de reprise après des années de précipitations capricieuses.

Sous l’œil des montagnes d’Almogía, el Embalse Casasola est traditionnellement une réserve stratégique. Avec 60,90% de son eau stockée, ce barrage confirme que les pluies récentes ont profondément rechargé le réseau hydrique local.

L’un des plus petits mais essentiels réservoirs pour Málaga ville est la Réserve-Embalse Limonero qui est pratiquement à pleine capacité avec 94,1%. Ce niveau élevé est un soulagement pour l’approvisionnement urbain, résultat direct des épisodes pluviométriques récents.

Parmi les remontées les plus impressionnantes notons la Réserve de Guadalteba qui étonne, il est presque à capacité maximale avec 96,9%. Ce barrage alimente aussi bien l’irrigation que les usages domestiques et son niveau actuel pourrait être un record annuel local si la tendance se maintient.

Autre pilier du système hydrique malaguène, le Barrage principal du Guadalhorce atteint 86,2% de ses réserves, après plusieurs épisodes de pluie forts. C’est un indicateur que l’eau a fini par pénétrer dans les nappes et les réservoirs même des bassins les plus larges.

On touche à une anecdote historique avec le Réservoir du Conde de Guadalhorce, plein à 100 %. Cela signifie que l’eau afflue en excès, et que des déversements contrôlés sont désormais nécessaires pour gérer les volumes. C’est un changement spectaculaire.

Enfin, le plus grand d’entre eux, le Barrage de la Viñuela, alimentant principalement l’Axarquía, dépasse aujourd’hui les 70 % de remplissage. Habituellement vide les dernières années avec de longues périodes de sécheresses, cette réserve revient progressivement à des niveaux qui rassurent pleinement sur la stabilité de l’approvisionnement pour les mois et les années à venir.

Vous l’avez compris cher lecteur, ces chiffres confirment ce que l’on pouvait prévoir et nous offrent une image très nette. Aujourd’hui, nos barrages sont loin d’être vides, ils sont même plutôt dans une phase de recharge vigoureuse, parfois même proche de la saturation. Cette situation est inédite. Il s’agit clairement d’un soulagement. Mais il s’agit aussi d’une responsabilité car l’eau, quand elle vient trop vite, nous rappelle avec force que la nature peut aussi surprendre et déborder comme c’est le cas ces dernières semaines. Les autorités restent vigilantes, notamment dans les zones où les sols sont saturés et où les cours d’eau débordent, comme autour de certains barrages en altitude, notamment dans la Serranía de Ronda.

Pour nous, habitants du sud de l’Europe, cette renaissance des barrages andalous nous évoque les changements climatiques, une vie quotidienne en perpétuelle évolution et une prise de conscience de l’importance de l’eau.