Rencontre avec Barbara SANCHEZ du Lycée français de Malaga

A l’occasion de cette rentrée des classes, le Lycée Français de Malaga a ouvert ses portes à l’équipe d’Esprit Sud Magazine. Patrice Outin, le nouveau proviseur (dont vous trouverez l’interview dans notre numéro 6 mais également sur notre site web) peut compter sur le soutien Barbara SANCHEZ, la Directrice de la Maternelle et du Primaire, déjà en place depuis deux années.

Nous avons pris beaucoup de plaisir à échanger avec elle, chers lecteurs.

Pouvez-vous nous développer les principales missions de votre fonction de Directrice du Primaire ?

Je coordonne et anime une équipe pédagogique composée de 34 personnes. On y retrouve des enseignants bien entendu mais aussi d’autres intervenants. Mon rôle est d’aider à la mise en œuvre du projet de l’école. La création et l’organisation de projets pédagogiques me tiennent à cœur. Organiser une course contre la faim, une journée de la laïcité, une semaine thématique (de lecture ou de sciences par exemple) ou des projets solidaires. J’aime beaucoup ce travail collectif qui soude tant les élèves que les équipes et dans lequel chacun peut trouver sa place. Moi, j’aime ce genre d’apprentissage. Nous organisons autour d’un thème des expositions et on met en avant ce partage des expériences, cela peut durer une semaine par exemple. Et comme le souligne judicieusement Monsieur Outin, ce qui est important est que pour apprendre, il faut « faire ». Le cadre théorique doit être complété par ce genre de projets où l’on s’implique réellement. L’apprentissage prend alors tout son sens, avec la motivation qui l’accompagne. Je suis aussi tournée vers les nouvelles technologies et suis responsable de la coordination de la communication au sein de notre établissement. Nous travaillons par exemple actuellement sur la création d’un nouveau site web. Suite à la pandémie, nous avons eu l’idée de visites virtuelles de l’établissement ou de vidéos de présentation.

On ne devient pas la directrice d’un Lycée Français à l’étranger du jour au lendemain, quel est le parcours qui vous a conduite en Espagne ?

Il ne s’agit pas de ma première expérience hispanique. Début des années 2000, j’étais professeur des écoles au Lycée Français de Madrid. J’y ai passé 6 années, c’était ma seconde affectation, une très belle expérience. Je suis rentrée dans le Val de Loire, tout d’abord comme enseignante et ensuite comme directrice dans une école de 8 classes donc en continuant à être enseignante puis dans une grosse école. C’est là que je suis devenue directrice à temps complet. Et c’est avec un immense plaisir que depuis deux ans, je suis la directrice du Primaire dans cette belle ville de Malaga.

Deux expériences bien différentes en tous les cas, celle d’enseignante à Madrid et de directrice à Malaga.

Totalement. Mes fonctions étaient très différentes donc c’est impossible de comparer. Si ici nous avons entre 800 et 900 élèves, à Madrid on en compte plus de 4000 ! Le Lycée Français de Malaga est un établissement à taille humaine, on connait tout le monde, dans un bel espace. Il y existe une belle convivialité et pour autant, chaque groupe dispose de son espace. Chacun est préservé et le parc joue son rôle dans cette belle cohabitation. Aucun grand mur ne sépare les différentes sections, tout y reste ouvert. C’est vraiment un très bel endroit pour apprendre ou pour enseigner. Quant à la question de s’expatrier à Madrid ou à Malaga, ce sont deux projets très différents. La ville de Madrid est immense. Ici, par contre, on a cette qualité de vie et cette sérénité que l’on ne retrouve pas dans la capitale même si j’ai beaucoup aimé cette ville et sa dynamique.

Qu’en est-il de l’obligation scolaire ici en Espagne ?

En France, l’école est obligatoire à partir de trois ans, ici ce n’est pas le cas. Elle est fixée à six ans en Espagne. Les Français expatriés ici n’ont pas l’obligation de mettre leur enfant à l’école avant leur sixième année. Nous avons 5 classes de maternelle et comptons une bonne partie d’enfants espagnols. Les petits progressent rapidement dans la langue française pour arriver prêts en CP.

Quels sont les grands axes du programme éducatif du Lycée Français de Malaga ?

Tout d’abord, l’inclusion scolaire qui est une prise en charge des élèves, quelles que soient leurs spécificités (handicap, élève haut-potentiel, …). Le développement des langues vivantes est également un de nos axes prioritaires avec des professeurs qui sont natifs mais aussi enseignants, c’est important de le rappeler. Avoir pour langue maternelle l’anglais ou l’espagnol est important mais être diplômé l’est tout autant ou peut-être même plus. C’est probablement un des grands avantages de notre établissement sur les établissements publics espagnols. Et les Espagnols qui inscrivent leurs enfants ici le soulignent fréquemment. Ils ne s’y trompent pas et souhaitent avant tout que leurs enfants soient bilingues voire trilingues. C’est une priorité à leurs yeux. Le troisième axe est l’importance de la communication et enfin le quatrième est de viser l’excellence dans tous les domaines.

Vous avez pointé l’importance de la langue dans vos axes principaux. Clairement, votre lycée a une longueur d’avance sur les écoles publiques espagnoles. D’une manière générale, quelles sont vos impressions quant à l’enseignement public et même privé espagnol ?

J’ai cette sensation que l’enseignement espagnol est plus axé sur de l’information et de l’apprentissage de connaissances pures et peut-être moins sur la réflexion et la mise en perspective de contenus, ce qui caractérise notre approche. Faire des corrélations entre les différentes matières et développer l’esprit critique, c’est très important. Maintenant, je connais des français qui ont fait le choix de mettre leurs enfants dans l’enseignement publique espagnol et ils sont satisfaits. C’est simplement une autre approche, un choix pédagogique.

Peut-on dire que vous êtes pleinement épanouie ici à Malaga ?

J’adore ma vie ici. J’aime le soleil alors je suis servie. J’apprécie aussi la gentillesse des gens, la qualité de vie et ce sens de la fête qu’ont les Andalous. « l’alegria » (« joie ») est omniprésente ici. J’ai découvert aussi le flamenco et je me rends régulièrement dans le centre de Malaga pour y voir des spectacles. J’aime l’animalité qui s’en dégage et me faire embarquer dans cette transe. Même s’il est vrai que cet art ne parle pas à tout le monde. La vie est belle ici dans le sud de l’Espagne.

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