Andalousie dans la lumière des villages blancs

Dans le premier numéro de votre magazine ESPRIT SUD, nous avions déposé nos valises dans la sublime ville de JEREZ DE LA FRONTERA pour découvrir tout ce que cette ville, fondée par les phéniciens, il y a plus de 3000 ans, avait à nous offrir. Quittons cette vaste plaine à vigne et cette superbe cité où l’impressionnante Cathédrale du Saint Sauveur et le bel Alcazar veillent sur ses 214.000 habitants. Dirigez-vous maintenant à l’intérieur des terres et empruntez avec votre guide, ESPRIT SUD, la RUTA DE LOS PUEBLOS BLANCOS, la route des villages blancs. Ces petits villages où l’on retrouve ruelles étroites, toits en tuiles rouges et bâtisses d’architectures arabo-musulmanes, sont devenus légendaires. S’y mêlent la tradition de blanchir les façades des maisons à la chaux et la coutume de les décorer avec toutes sortes de plantes. Ces villages qui immaculent le paysage de leur blancheur et rayonnent sur les hauts reliefs andalous qui ont fière allure. Etes-vous prêts à embarquer ?

Suivez le guide…

ATTACHEZ VOS CEINTURES !

A peine démarré et déjà un petit creux ? Pas d’inquiétude, Esprit Sud vous conseille la venta de la Blanca Paloma, aux portes de Jerez. Pépé et son restaurant Rociero Bodegon de la Blanca Paloma * vous attend ! Voici ce que l’on appelle un restaurant typique !

Situé en dehors de la ville, en pleine campagne, au milieu des vignes, entouré d’une basse-cour haute en couleurs, l’établissement vous surprendra par l’accueil de qualité de ses serveurs, toujours aux petits soins de la clientèle. Si vous avez faim, que Dieu vous rassasie dit un célèbre proverbe sénégalais et c’est un peu l’expérience qui vous attend chez Pépé. On vous offrira un vin de Xérès en apéritif puis vous dégusterez un excellent potage local aux haricots blancs et au chorizo ou une délicieuse paella. Au moment du dessert (ils sont tous faits maison et plus délicieux les uns que les autres, avec mention « excellente » pour leur toceno de cielo), vous aurez peut-être droit à la performance du sympathique patron Pépé et à son chant de la vierge, au pied d’un petit autel dressé au centre de la salle principale, dédié à la Vierge de la Blanca Paloma, que l’on connaît mieux sous le nom de la Vierge du Rocio. Folklorique !

* Carretera Trebujena km. 2.5, 11407 Jerez de la Frontera, España (609 11 72 70)

Les ventas : Pensez-vous que les Don Quichotte et autres chevaliers roulaient tant sur l’or pour pouvoir s’arrêter dans de somptueux palais lors de leurs longues expéditions? Le repos et le couvert, ils le trouvaient plutôt dans ces fameuses « ventas », ces petites auberges situées en pleine campagne, le long du camino real (ce qui équivaut aux voies romaines en France par exemple) mais aussi le lieu de contrebande ou le repaire parfait pour les « bandoleros ». Il en existe encore ici en Andalousie même si elles font de plus en plus partie de la tradition oubliée.

ARCOS DE LA FRONTERA

porte d’entrée de la route des villages blancs

Il s’agit de l’un des plus beaux villages d’Andalousie. Ce bijou culminant à 200 mètres d’altitude arbore toutes les caractéristiques des villages blancs typiques : d’étroites ruelles pavées constituant un véritable labyrinthe, la situation au sommet d’une falaise ou encore les petites maisons dont les façades sont blanchies à la chaux et dont les fenêtres sont grillagées. Arcos se visite à pied. Dès lors, laissez votre véhicule dans le parking public situé Plaza de España et partez à la découverte de la vieille ville baignée de soleil, avec votre guide Esprit Sud !

Les 5 conseils « découverte» d’Esprit Sud

  1. Juché sur un piton rocheux, vous ne pouvez pas faire l’impasse sur le panorama exceptionnel qu’offre la sublime terrasse de l’Hôtel Parador, situé plaza del Cabildo. Devant vos yeux ébahis, le fleuve Guadalete serpente dans les plaines de la sierra de Cadiz. Le Parador dispose probablement de la plus belle terrasse de la ville, l’endroit idéal pour prendre un apéritif au soleil couchant. Si vous optez pour y séjourner, goûtez la confiture d’avocat avec les succulents fromages locaux lors de votre petit déjeuner. Cet hôtel, qui allie tant l’ancien et le moderne dans sa décoration, propose également lors du goûter, une série de pâtisseries délicieuses.

  2. La place du Cabildo, place en partie détruite après le passage de Napoléon en 1812, regorge d’intérêts. Admirez-y par exemple le superbe château de los Duques, un édifice ou alcazar datant du XIe siècle situé face à l’hôtel Parador. Entre les deux bâtisses, ne manquez pas le Balcon de la Nueva Peña, qui en plus d’offrir une vue imprenable sur les campagnes, vous permettra de découvrir et d’approcher les rapaces de la région, que vous présente la famille MULERO, de véritables passionnés de ces volatiles. Nous reviendrons dans un prochain numéro d’Esprit Sud sur la fascinante histoire d’amour née entre Juan Luis et les rapaces de la région (utilisés notamment pour la chasse) et qui a conquis les générations suivantes.

  3. Avant de quitter cet épicentre de la vieille ville, une visite de la superbe basilique mineure de Sainte Marie de l’Ascension s’impose. Cet édifice à trois nefs, dont les premières pierres dates du XIIIème siècle, fut bâtie comme le voulait la tradition de l’époque sur les vestiges d’une mosquée désacralisée. Elle vous offrira un habile mélange de styles, passant du baroque au gothique, du mudéjar au style renaissance. Son imposante façade est un très bel exemple de style gothique plateresque.

  4. Après avoir parcouru plusieurs ruelles pentues et baignées de soleil où vous croiserez d’authentiques artisans locaux et leurs jolies échoppes colorées, nous arrivons aux portes de la mystérieuse église de San Pedro. Un arrêt indispensable pour les amoureux de lieux de cultes mais pas seulement. Cette magnifique église dont la façade s'orne d'un imposant clocher néoclassique ne vous fera pas regretter d'avoir fait l'effort physique pour y accéder. Cette église dont la construction fut initiée au XVIème siècle renferme le plus ancien retable de la province.

  5. Les amoureux affectionneront le passage par le mirador de Abades. Ils passeront sous une arche fleurie et la tradition veut que l’on s’y embrasse. Ce balcon ouvert sur l'horizon nous permet d’admirer les jolies maisons blanches lavées par le soleil de plomb, bâtisses qui côtoient demeures et autres palais de style gothique ou mudéjar. Au loin, vous apparait aussi la Sierra de Grazalema, l’une de nos prochaines étapes.

Qu’est-ce que le style plateresque ? Ce style architectural peut-être qualifié de style de transition entre l'art gothique et la Renaissance. Il s'est tout particulièrement développé dès la fin du XVème siècle ici en Espagne. On y retrouve l'influence de la tradition castillane dans les rappels de l'art mudéjar, avec notamment des ornements d'origine islamique, et de l'art gothique flamand, particulièrement dans ses aspects les plus flamboyants. Ce « mouvement artistique » fut composé précisément de deux styles qui se sont succédés : le style isabélin (à l’époque de la reine Isabelle La Catholique) et le style renaissance plateresque.

Si vous planifiez de passer quelques jours à ARCOS DE LA FRONTERA pendant la saison estivale, votre guide Esprit Sud vous conseille de déposer vos valises à l’Hôtel Meson La Molinera. Aux pieds de la ville, bordant le lac ( simplement baptisé « embalse de Arcos de la Frontera »), cet authentique auberge au charme fou a plus d’un atout pour vous séduire : une immense piscine pour toute la famille, une cuisine délicieuse (viandes et légumes « à la parrillada »), un petit dejeuner servi sur la terrasse ensoleillée avec vue sur le lac ou un petit club nautique avec kayaks ou autres possibilités de pêche. Le tout, dans un cadre bucolique et verdoyant, à un prix extrêmement raisonnable, c’est une petite pépite.

Les meilleurs moments pour visiter ARCOS, sortant de sa léthargie ?

Esprit Sud vous conseille alors de visiter ce beau village blanc pendant ces deux événements où Arcos est en ébullition : lors des fêtes religieuses de Las Cruces de Mayo (les croix de mai) ou lors de la féria de San Miguel qui a lieu généralement en fin du mois de septembre.

Quittons les bords du lac de Arcos de la Frontera pour poursuivre, en suivant la A-372, notre itinéraire au travers des différents villages blancs

Rapidement, un arrêt éducatif s’impose.

Que diriez-vous de visiter l’une des dernières salines de l’arrière-pays andalou, toujours en activité et d’origine romaine ? Jose Antonio fait perdurer cette tradition d’extraction et de purification artisanales de la fleur de sel. Des techniques ancestrales appliquées à une eau de source ferrugineuse dont la salinité est pratiquement trois fois supérieure à celle de la mer. L’Andalousie réserve tant de surprises et ces anciens bassins d’origine romaine en font partie. Attention, la visite du site se fait uniquement sur rendez-vous ! Parque Natural de Los Alcornocales, Ctra. Arcos-El Bosque, km. 24,7, 11660 Prado del Rey, Cádiz, 0034 639 46 75 12. L a visite terminée de ces « salinas », il est temps de prendre la direction du petit village de EL BOSQUE. Situé à 30 km à l’est d’Arcos de La Frontera, ce village méconnu, porte du parc naturel de la Sierra de Grazalema, dispose dans sa partie haute d’un magnifique jardin botanique. Incontestablement, il mérite le détour. Visitez par exemple le moulin à farine, « El Molino de Abajo » où l’on fabrique un petit pain délicieux, le « mollete de la Sierra de Cádiz ». Un petit creux ? Votre guide Esprit Sud vous conseille l’auberge-restaurant EL TABANCO, situé Calle Huelva n°3, EL BOSQUE. Une cuisine locale, des produits du terroir et un accueil chaleureux. Il vous est aussi possible d’y passer la nuit, une formule « lit et couvert » à un prix dérisoire ! Nous pénétrons maintenant dans la magnifique réserve naturelle de la chaîne de montagne de GRAZALEMA pour poursuivre notre découverte dans l’arrière-pays andalou. Ce parc naturel est un véritable écrin de verdure de près de 52.000 hectares d’épaisses forêts de pins andalous, le « pinsapo », poussant en haute altitude. Chaussez vos meilleures chaussures de marche car au travers de cette réserve naturelle, serpentent des centaines de sentiers de randonnée. Dans cette Réserve de la Biosphère (titre attribué par l’UNESCO en 1977), ne soyez pas surpris de croiser aux détours des sentiers, nombreux rapaces, troupeaux de brebis, groupes de porcs noirs ou chevaux sauvages. Et au milieu de ce véritable paradis pour les randonneurs, se dresse fièrement, notre prochaine destination, le magnifique village blanc de ZAHARA DE LA SIERRA, surplombant le lac aux eaux turquoises alimenté par la rivière Guadalete, le réservoir « El Gastor ».

ZAHARA DE LA SIERRA,

la destination enchanteresse jouant les contrastes parfaits entre la blancheur de ses maisons et la couleur des roches ou de la végétation tout autour

Il n’est certes pas le plus connu des villages blancs mais vaut certainement le détour. Surmonté d’une tour impressionnante, vestige d’un château datant du XIIIème siècle (la ville était un avant-poste mauresque dominant la vallée), il fait bon s’y perdre dans le labyrinthe de ruelles vous conduisant tantôt à une ancienne porte d’entrée de ce village médiéval fortifié ou tantôt à un point de vue où des vergers de citronniers ou d’orangers s’étendent à perte de vue. Outre les vestiges du château de la dynastie Nasride, toujours debout, dont l’accès est un peu sportif, la rue principale (calle Ronda) vous conduira au cœur du village, à la place principale où se dresse la charmante église baroque de Santa Maria de la Mesa. Face à l’église, vous trouverez l’Office de Tourisme. L'économie du village repose bien évidemment sur l'agriculture mais pas que. Le tourisme rural et sportif a le vent en poupe depuis quelques années. Ce village est donc devenu une destination appréciée pour les randonnées pédestres ou à cheval, le kayak, l'escalade, la spéléologie, le cyclisme ou les excursions en 4x4. Le saviez-vous ? Le village blanc de ZAHARA, s’appelait jusqu’aux années 70, MEMBRILLO DE LA SIERRA en raison de l’importante production fruitière de la zone. Le membrillo est cette délicieuse pâte de coing réalisée par la cuisson des fruits et du sucre. La recette idéale et calorifique nécessaire aux durs travaux de labeur dans les champs. Accompagner les fromages de chèvre locaux de fines tranches de membrillo est un véritable délice.

L ’Andalousie fut la terre des mille et une conquêtes et parmi les traces laissées par les Romains, à la sortie du village d’UBRIQUE, un détour par l’ancienne cité romaine d’OCURI s’impose. A Salto de Mora, jouissant d’une position stratégique, s’était développée cette cité romaine ou cet oppidum (= ville fortifiée à l’époque romaine). Il est possible de visiter ce site archéologique où vestiges de murailles, d’habitations d’époque ou système ingénieux de citernes et de réserve d’eau vous attendent. Le site est aussi connu pour son columbarium en état de parfaite conservation (espace funéraire où étaient nichées les urnes contenant les cendres des personnes défuntes). Pour plus d’informations - www.yacimientodeocuri.es

Que dire d’UBRIQUE, ce petit village blanc d’Andalousie dont on entend rarement parler ? Logé au milieu des montagnes, traversé par la petite rivière du même nom qui sépare son centre-ville en deux, il cache précieusement une production d’articles en cuir à la renommée internationale ! Les plus grandes marques de luxe viennent s’approvisionner ici en cuir de haute qualité. Ce centre névralgique d’artisanat de maroquinerie doit beaucoup à ses habitants, des artisans qui perpétuent une tradition de génération en génération. Votre guide Esprit Sud vous invite à déambuler dans les petites ruelles du village afin d’y découvrir échoppes et petits ateliers où est valorisé ce métier artistique. Un enchantement…

BORNOS, son therme et ses marais, GRAZALEMA et son balcon sur la Sierra del Piñar, ALGODONALES véritable paradis pour les amateurs de parapente, réputé aussi pour ses ateliers de confection de guitares et pour son église paroissial de Santa Ana, MONTECORTO et sa nécropole et son théâtre romains, ALCALA DEL VALLE, son château et ses dolmens, tous ces villages blancs méritent de s’y attarder et ont une identité propre. Chacun dispose de particularités qui les singularisent tout en les inscrivant tous dans une même histoire mêlant les trois cultures et traditions oubliées. Votre guide Esprit Sud a fait le choix de terminer cette découverte de la route des villages blancs par la charmante cité d’OLVERA.

OLVERA, UN LABYRINTHE DANS LEQUEL SE SUCCèDENT MILLE ET UNE MAISONS BLANCHES

Immédiatement, on est frappé par l’imposante église néoclassique et la forteresse qui dominent ce superbe village. OLVERA se visite à pied, on entame l’ascension de la colline pour déboucher sur la jolie place de la Iglesia tout en admirant les échoppes de céramiques hautes en couleurs, une spécialité locale. Et là, deux colosses se dressent face à nous : à gauche, l’église de l’Incarnation et à droite, les fiers vestiges d’une forteresse nasride. A l’Office du Tourisme, achetez vos billets pour la visite du château qui tomba en 1327, au cours de sanglants combats, dans les mains d’Alfonso XI et des catholiques. La découverte de cette forteresse triangulaire, épousant de cette manière la forme du rocher sur lequel elle est construite, se débute par la visite du donjon aménagé en petit musée.

Dans la salle d’exposition, est retracée la vie quotidienne du village au moyen-âge ainsi que les différentes conquêtes du village ayant mené aux remodelage du village. Mais la suite de la visite et l’assaut de la tour d’honneur vous permettront d’atteindre le plus haut point du village, à une hauteur de 623 mètres. Là des vues exceptionnelles vous rapprocheront des aigles et autres rapaces, en nombre dans la région, tournoyant dans le ciel azuré.

Après la visite du château, place à la découverte du lieu de culte favori des 8100 habitants du village, la majestueuse église de Nuestra Señora de la Encarnación. Sur le mirador jouxtant le parvis de l’église, le paysage qui s’offre à nous est exceptionnel l’immensité de la réserve naturelle du Peñón de Zaframagón (paradis des promeneurs et des amateurs ornithologues). Une fois franchie la porte de cet ancien temple gothique et mudéjar, converti en église, ce deuxième symbole de la ville (après le château d’origine maure), regorge de mille et un trésors : autels sublimes, coupoles surdimensionnées ou colonnes de marbres italiens de toute beauté.

Non loin de ce village d’OLVERA, trône sur une faille impressionnante un autre village blanc si particulier, SETENIL DE LAS BODEGAS.

Votre guide Esprit Sud vous le répètera bien souvent : les beautés de ces terres andalouses sont inépuisables… Rendez-vous au prochain numéro pour de nouvelles découvertes !

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